Les associations regrettent que le handicap ne soit pas explicitement mentionné dans le titre du ministère en charge des Solidarités, de l’Autonomie et de l’Égalité entre les femmes et les hommes.
Le secteur du handicap est alarmé. La composition du gouvernement Barnier, annoncée le 21 septembre, a mis en lumière l'absence d'un ministère ou d'un secrétariat d'État spécifiquement dédiés aux personnes handicapées.
« Non, vous ne rêvez pas. Il n'y a ni ministre, ni ministre délégué, ni même secrétaire d'État en charge du handicap » au sein du gouvernement Barnier, déplore sur le réseau X Florian Deygas, ancien vice-président du Conseil national consultatif des personnes handicapées. « Être en situation de handicap est déjà un combat quotidien, et maintenant l'État choisit de nous invisibiliser », s’indigne-t-il.
Non, vous ne rêvez pas. Il n'y a ni ministre, ni ministre délégué, ni même secrétaire d'État en charge du handicap. #GouvernenementBarnier
— Florian Deygas (@FloDeygas) September 21, 2024
« On nous parlait d’un héritage des Jeux paralympiques, il aura vite été enterré », ajoute, sur le même réseau, le Collectif handicaps, qui regroupe 54 associations. « Ainsi, 12 millions de personnes ne méritent pas un ministère », fustige-t-il.
Si le handicap n’apparaît dans aucun intitulé de ministère, c’est Paul Christophe, nouveau ministre des Solidarités, de l’Autonomie et de l’Égalité entre les femmes et les hommes qui a cette politique en charge. L'ancienne secrétaire d'État chargée des personnes en situation de handicap de 2017 à 2022, Sophie Cluzel interpelle le nouveau ministre : « Je compte sur Paul Christophe pour que l’absence d’un ministère dédié ne soit pas le signe d’un désintérêt à l’issue de Jeux paralympiques si réussis ».
En 2017 j’ai eu l’honneur de porter Pdt 5 ans la priorité de @EmmanuelMacron le handicap, pour un changement radical d’action . je compte sur @christophe_p pour que l’absence d’un ministère dédié ne soit pas le signe d’un désintérêt à l’issu des jeux paralympiques si réussis
— Sophie Cluzel 🇨🇵🇪🇺 (@s_cluzel) September 21, 2024
« Comment imaginer que Paul Christophe, sans secrétaire d’État dédié, pourra suivre tous les dossiers de ce ministère titanesque ? »
Paul Christophe a publié, dans la soirée du 21 septembre, un message se voulant rassurant à l'attention du « monde du handicap ». « J’ai toujours eu à cœur de défendre les droits fondamentaux des personnes handicapées et une société plus inclusive. Ce n’est pas demain que cela va changer. Je m’y engage comme désormais ministre », assure-t-il sur X.
Le monde du handicap, ce message s'adresse à vous. pic.twitter.com/IaTg8TDwUZ
— Paul CHRISTOPHE (@christophe_p) September 21, 2024
Les doutes subsistent chez les acteurs du handicap devant un ministère tentaculaire. « Comment imaginer que Paul Christophe, sans secrétaire d’État dédié, pourra suivre tous les dossiers de ce ministère titanesque ? », interroge le Collectif Handicaps sur X.
Comment imaginer que @christophe_p, sans secrétaire d’Etat dédié, pourra suivre tous les dossiers de ce ministère titanesque ?
— Collectif Handicaps (@CHandicaps) September 21, 2024
L’expression «tient beaucoup à cœur » est pire que tout et signe un enterrement en grande classe de la soi disante priorité de @EmmanuelMacron
« Vous ne pourrez pas, et vous le savez, porter seul cette responsabilité au sein de votre portefeuille déjà bien chargé. Le sujet est bien trop important, les dossiers sont nombreux, et des millions de personnes handicapées doivent être pleinement représentées. Vous avez besoin, au minimum, d'un secrétaire d'État dédié, et non d’une simple équipe de fonctionnaires qui vous conseillera sans avoir l’autorité nécessaire sur ces décisions cruciales. Ce recul est incompréhensible et inacceptable, surtout en période post-paralympique », répond avec inquiétude Florian Deygas, au nouveau ministre.
Paul Christophe est à l’origine de plusieurs propositions de lois dont l’une sur l’accompagnement de parents d’enfants malades et handicapés. Il a été également rapporteur d’un texte visant à favoriser le repérage et l’accompagnement des troubles du neuro-développement (TND), dont l’autisme.
Sur les réseaux sociaux, le nouveau ministre est déjà critiqué pour s'être opposé, durant sa mandature parlementaire, à la réforme de la déconjugalisation de l'allocation aux adultes handicapés (AAH).